Tire le Bouchon

Les Dix Vins

Dix Vins

que l’on peut boire avec n’importe quoi

mais peut-être pas avec…

Harmoniser vins et mets peut se faire selon différentes approches et plusieurs éléments interreliés sont à prendre en considération pour l’exercice.

Il n’y a pas de secret.
Il faut s’y connaître un brin pour créer à tout coup des mariages réussis.

Il y a des accords pratiquement parfaits,
des associations à n’absolument pas faire,
et, entre les deux,
une grande zone séparée en plusieurs nuances de gris.

Heureusement, certains vins peuvent s’adapter à de multiples types de nourriture.

Je vous ai donc choisi dix vins
présentement disponibles à la SAQ
qui vous serviront lorsque vous serez invités à un repas dont vous ne connaissez pas le menu.

Pinot grigio delle Venezie Simboli, Cantina La Vis
Par sa robe rosée très pâle, on devine la subtilité de cet Italien de la Vénétie. Un peu de fruits rouges et surtout une belle vivacité. Il sert principalement à rincer et à rééquilibrer la bouche, mais en procurant un plaisir certain. Évitez ce qui est très vert : pesto et brocoli.

Alsace Vieilles vignes auxerrois 2014, Domaine Albert Mann
Autre approche. Nous sommes en Alsace avec un peu de sucre résiduel (17g/l). Cela lui procure une rondeur, malgré son attaque très franche. Ainsi, on peut l’agencer avec des potages, ce qui déjà n’est pas évident. Viandes blanches et poissons en sauce. Foie gras? Curry de légumes? J’essaierais sans problème, mais je mettrais les huîtres nature de côté.

Beaujolais blanc Terre dorées chardonnay 2015, Jean-Paul Brun
Le chardonnay n’est le cépage le plus expressif, mais il sait souligner le savoir-faire du vigneron. On a ici un vin enveloppé qui semble vouloir accompagner tous les repas tant il se boit bien. Les plats à base tomates lui feront perdre de son charme.

Jurançon sec 2014, Château Jolys
En petit et gros manseng, cépages du Sud de la France. Nous avons droit à un beau mélange entre droiture et texture presque grasse. Cet aspect sérieux lui permet de probablement soutenir des viandes rouges grillées, mais les plats très crémés le feront paraître austère. Attention à la température de service (entre 12 et 16°C).

Sicilia Anthilia 2015, Donnafugata
Un heureux mélange de cépages autochtones de la Sicile. Fruits à pépins, à noyaux et une touche d’agrumes qui contribue à la fraîcheur. Un peu trop d’acidité pour les fromages à pâtes fermes très goûteux.

Naoussa Jeunes vignes de xinomavro 2015, Domaine Thymiopoulos
Nez charmeur et bouche qui se complexifie avec le réchauffement du vin. On ressent la profondeur des tanins sans aucun asséchement. Je serais bien curieux de le faire vieillir un 6-7 ans pour apprécier son potentiel aromatique. On évite les légumes verts en accompagnement, sinon libre à vous de le déguster comme bon vous semble.

Touraine gamay 2015, Domaine de la Charmoise
Il s’agit bien du cépage emblématique du Beaujolais, mais il est un peu plus costaud que lorsqu’utilisé en Loire. Le vin est certes fruité, mais ses notes de terre humide le rendent plus polyvalent. Surtout ne pas le transformer en vin chaud! J’ai essayé, c’est catastrophique!

Langhe Eremo 2014, Fontanafredda
Pas toujours facile de prévoir la constitution d’un vin de cette appellation. Barbera et nebbiolo assurent ici un équilibre entre l’acidité, le moelleux et l’astringence. Les tanins sont juste un peu trop rudes pour la crème.

Afrique du Sud The Wolftrap 2015, Boekenhoutskloof
Les vins les plus méridionaux ont parfois tendance à être un peu lourds. On a ici assemblé du viognier à de la syrah et du mourvèdre - comme on peut le faire en Côte rôtie - et la fraîcheur en a vraisemblablement été rehaussée. Ses arômes et sa mâche seront trop prononcés pour les fromages à pâte molle.

Sangiovese di Romagna Superiore di prugnetto 2015, Poderi dal Nespoli
On a ici droit à un sangiovese bien gourmand et séveux. Nous sommes en Émilie-Romagne et non en Toscane; est-ce pourquoi les tanins semblent si souples? L’expressivité de ce vin risque d’éclipser la finesse des poissons à chair blanche.

 

En résumé...

Côté blanc

En général, on recherche des vins qui ont une certaine tension.
Donc une acidité bien sentie sans pour autant être nerveuse.
Il faut éviter les vins trop maigres, sans chair.

Dans le coin rouge

Nous voulons une trame tannique présente, mais avec des tanins souples.
La fraîcheur doit aussi être au rendez-vous.
Il faut laisser de côté les vins au nez très prononcé.
On privilégie les notes florales, de fruits frais, légèrement épicées, à peine fumées; pas trop d’exotisme, d’arômes très herbacés, iodés ou animaux.
D’accord pour une touche de boisé, mais on abandonne la vanille et le gros beurré.

Les Verres |  Indispensables des oenophiles

(par Jessica Ouellet)

 Les Verres | Indispensables des oenophiles

Le choix du verre a une incidence flagrante dans la perception des arômes d'un vin.
On cherche donc un arsenal de qualité.
Et on optimise selon ses habitudes.


Le verre parfait est transparent, mince et léger.
Le cristal est un choix judicieux parce qu'il permet une extrême minceur et conduit lentement la chaleur.

Le plomb aide à la transparence.

La boîte qui revendique la mention cristallin fait référence au pourcentage de plomb qui entre dans la composition du verre.
Pas évident de constater la différence sous les néons des magasins, mais le verre cristallin contient moins de plomb que celui en cristal.


Le cristal, ça stress les gens.

Lorsque j'en propose un à ma sœur, elle le remplace systématiquement par un verre qui, j'en suis certaine, résisterait à une chute sur un plancher de béton.
Elle oublie que le verre blanc cassé par inadvertance porte bonheur.
Si tes amis sont vraiment maladroits, il existe aussi des modèles sans pied.
C'est que les fabricants offrent plusieurs lignes. (Nous les appellerons collections.) 
Il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Joie.

Les différents modèles permettent de favoriser plus ou moins :

    • le contact entre le vin et l'air
    • la perception des arômes
    • l'adoucissement des tanins pour les vins rouges, etc.

Parce que a chacun ses grands crus, Riedel, célèbre fabricant autrichien, propose même un verre qui permet d'améliorer la dégustation du coca!

Puisqu'il importe d'optimiser selon ses habitudes, optez d'abord pour des verres polyvalents.
Le Zalto "Universal" en est un bon exemple.

Verre Zalto Universal
À la maison, j’aime bien utiliser des verres fins, mais sans flafla.
Je ne suis pas fan des verres immenses ni très haut.
Les flûtes très étroites pour les bulles, ce n’est pas vraiment mon truc non plus.
Je me tourne vers les verres Riedel, qui propose différentes gammes.
Sur les étalages, vous les retrouverez facilement grâce à leur boîte noire aux arêtes rouges.
La série Ouverture est intéressante pour composer un premier arsenal de qualité.
Les prix sont accessibles et le format permet une grande polyvalence.

Côté entretien

On évite le lave-vaisselle, qui laisse des traces de savon et qui risque de rendre le verre moins neutre.
On lave donc à l'eau chaude très peu savonneuse, on rince, puis on poli tranquilou.
Astiquer un verre, c'est aussi de mettre une main sous le gobelet et non sur le pied. C'est une règle futile qui évite de nombreux pansements et de morceaux de verre dans les yeux. (Ceci n'est pas une blague!)
Dans l'armoire, on laisse le verre debout, afin d'éviter les mauvaises odeurs dans le gobelet. 

Un minimum d'étiquette

Dans la vie, il y a des moments où un savoir-faire s'impose.
Tenir un verre de vin, par exemple.
Ce n'est pas une nécessité absolue; c'est simplement plus joli.
Exit le snobisme, l’idée est simplement d’optimiser la dégustation. 

Un verre est constitué de différentes parties avec un nom bien défini.
On le tient donc par la tige ou par le pied. (Petit doigt levé en option parce que oui bon, on n'est pas au salon de thé.)
Tenir le verre par le globe est synonyme d'inévitable traces de doigts.
Et si de la nourriture accompagne le jus de raisins fermentés, c'est encore pire!
De plus, la personne qui tient son verre à pleines mains réchauffe le contenu rapidement. Bref, on évite. 

Côté dégustation, on préfère les petites gorgées aux grandes lampées.
C'est que les bonnes manières s'oublient parfois rapidement.
Si c'est un effet de l'alcool, optez pour un verre d'eau.
La principale contrainte au vin, c'est le temps.
Un peu de respect s'impose donc pour le vigneron et les quelques centaines de raisins derrière la bouteille.

Si votre prochain projet est de [re]servir les invités [et/ou] vous-même, allez-y avec modération.
Un tiers, c'est suffisant.
Et puisque le vin est avant tout un plaisir, on trinque.