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La Sommellerie au féminin

Plus que jamais une profession prisée et enviée, la sommellerie déploie désormais le tapis rouge à l’apport féminin, dans ce milieu jusqu’alors admit comme masculin.

 Quiconque serait sidéré en pensant que

“ [durant l’Antiquité], le vin était interdit aux femmes, et [que] les historiens rapportent des cas de maris, au IIe siècle avant J.-C., ayant tué leur femme parce que celle-ci était allée boire en cachette dans le cellier! ”  

(je serais sans nul doute une de ces femmes! haha)

En principe seul le Passum, un vin de raisins secs,  aussi surnommé “le vin miellé du pauvre” par le poète latin Martial, était permis aux femmes d’en faire usage. ”

Un Festin en Paroles - La Sensibilité Gastronomique de l’Antiquité à nos jours 1985, Jean-François Revel. 

Encore Marginales

Je suis renversée lorsque je pense aux millénaires qu’ont jalonnés l’histoire du vin et où les femmes ne sont qu’à tout récemment incluses.

Bien que leur contribution soit estimée, elles demeurent encore marginales.

Cette situation est évidemment applicable à plusieurs autres métiers, mais il est essentiel de souligner que le Québec s’illustre à l’avant-garde par rapport à la sommellerie féminine, de même que l’Amérique en général par opposition à l’Europe qui présente un retard marqué.

Elin McCoy, une journaliste et auteure américaine publiait un article dénonçant les maigres (mais non moins honorables!) 15% Master-Sommelières à l’échelle mondiale. On peut également y voir dresser le portrait des différentes sommelières (Madeline Triffon, Shelley Lindgren, Juliette Pope, Marika Vida), toutes à la tête de grandes institutions, témoignant de leur expérience personnelle, notamment de leurs difficultés quotidiennes à faire reconnaître leur autorité, aussi bien auprès d’employeurs que de clients.

[ I n - c r o - y a b l e . ]

Chose certaine, il faut admettre que ledit  "tapis rouge" se déroule rondement au Québec plus que n'importe où ailleurs.
Tous genres confondus, nous avons ici une approche de la sommellerie complètement unique, qui nous fait parfois présumer que la situation est partout pareille. Pourtant, certains vieux pays ne semblent pas accueillir la sommellerie moderne, débarrassée de son guindage et de son nez en l'air, avec la même aisance que l'Amérique.

Stéréotypes de Genre

De toute évidence, ces obstacles ouvrent la porte à des questionnements beaucoup plus larges, mais l’aspect que j’aimerais mettre en lumière ici est bel et bien que dans l’élan vertueux de la sommellerie à se défaire elle-même de vieux stéréotypes, l’ouverture pour la femme semble créer inévitablement de nouveaux stéréotypes au sein de la profession.

C’est-à-dire qu’on cherche souvent à différencier puis à catégoriser les qualités/faiblesses propres à un homme et à une femme qui pratique la sommellerie.

Comme s’il y avait réellement des profils de compétences définis et figés pour chacun des genres.

Or, il est intéressant d’observer que même à travers le témoignage de ces sommelières, elles-mêmes émettent des généralités reliées à leur approche féminine de la sommellerie..

Ce qui revient un peu à nourrir le problème des stéréotypes, puisqu’elles valident en quelque sorte cette tendance à catégoriser systématiquement les différences entre un homme et une femme en sommellerie.

 

“Habitude devenue instinct” ?

Il est vrai que nous avons toutes et tous cette tendance à catégoriser rapidement, presque inconsciemment.

(Ça me rappelle les "buveurs d’étiquettes"  ;)

Mais qu’à cela ne tienne, célébrons les avancées notoires (et récentes!) pour la sommellerie féminine notamment grâce aux victoires d’Élyse Lambert et de Véronique Rivest et tentons d’accueillir l’expertise des sommelières et des sommeliers pour ce qu’elle a d’unique à chaque personne.

 

Kate Johansson

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