Twist cap ou bouchon ?

telle est la question !


Ah! le bouchon de liège !

Vestige d’une tradition viticole surannée.
On s’acharne à l’utiliser malgré les désagréments.

Le pire d’entre tous : le vin bouchonné.


Pourtant, les domaines qui adoptent des bouchons alternatifs rencontrent de la résistance sur le marché du vin.
Surtout le twist cap .
Si vous voulez mon avis, c’est bien dommage.

À l’heure actuelle, environ 5 à 8 % des bouteilles seraient bouchonnées!

(1 bouteille sur 12)

Ce qui constitue une perte conséquente, en particulier pour les pays plus conservateurs.
Pensez au triangle France-Italie-Espagne.
Cela représente des millions de gaspillages, en argent et en bonnes bouteilles qui ne seront jamais bues (quoique...).

Pourquoi utilise-t-on le liège ?

Il s'agit d'un bois issu du Quercus suber, un chêne-liège.

Cet arbre peut vivre 200 ans et produire, au cours de sa vie, plus de       80 000 bouchons!

On utilise son bois pour la subérine qu’il contient naturellement;
une substance ayant la capacité de l'imperméabiliser, de le protéger des insectes et de l'empêcher pourrir.

En ce moment, les principaux pays producteur sont :

- le Portugal (33%)
- l’Espagne (23%)
- l’Algérie (21%)

En général, on utilise des bouchons de liège massif pour les bouteilles régulières et des bouchons «agglomérés» pour les bouteilles de champagne.

Les bouchons agglomérés sont faits de retailles de liège pressées, puis collées ensemble.Les deux peuvent se bouchonner. Certains bouchons sont équipés d’une rondelle de silicone qui fait office de bodyguard entre le liège et le vin.

Le liège est trompeusement considéré comme un allié pour la bonne conservation des vins de garde.
On a longtemps cru qu’il permettait une micro-respiration du vin.
Eh bien, pas du tout!

Les travaux de plusieurs œnologues ont permis de découvrir dans les années 60 qu’en fait, le petit espace entre le miroir du bouchon et le vin contenait assez d’oxygène pour assurer un échange de gaz suffisant.
Per se, on n’a pas besoin d’un bouchon de liège pour nos vins de garde.

C’est quoi le "goût de bouchon" ?

Une bouteille peut se bouchonner à cause de deux raisons : 

Le bouchon ou L'environnement.

Le goût de bouchon est en fait composé de dérivés chlorés qui développent des odeurs putrides et un goût de moisi désagréable.

Pour que ces dérivés chlorés se forment, il faut que des micro-organismes présents dans le bouchon ou dans le chai entrent en contact avec un agent de contamination, comme le chlore utilisé pour laver les bouchons ou les produits de traitement pour les palettes de stockage du chai.

Le liège étant très poreux, l’infestation ne tarde pas à atteindre le vin et aussi simplement et tristement que cela, il devient imbuvable.

 Lorsqu’un bouchon est à l’origine de la contamination :

la molécule à incriminer s’appelle le TCA (2.4.6 trichloroanisole).

Et lorsqu’un bouchon à la base sain se fait infester par l’environnement :

la molécule responsable s’appelle le TeCA (2.3.4.6 tétrachloroanisole).


Il s’agit d’un problème complexe à enrayer, car ces molécules vicieuses sont volatiles.

Le seuil de détection varie d’une personne à l’autre, mais le commun des mortels décèle un vin contaminé à environ 10 ng/L.

Si vous n’êtes jamais tombé sur une bouteille bouchonnée, soit votre seuil de tolérance est très haut, soit vous en buvez sans le savoir! 

Comment le détecter ?

Le premier indice qui devrait vous mettre la puce à l’oreille, c’est l’absence du fruit ou des notes de fruits camouflées par une odeur de terre humide, de bois pourri, de moisissure et de poussière.

Si vous n’êtes pas certains, goûtez-y !
Les mêmes horreurs se manifesteront en bouche, doublées d’une sécheresse.

Passer le vin en carafe ou l’aérer dans le verre n’arrangera pas les choses, cela peut même les empirer.

Capsules à vis et capsules couronnées

Certains producteurs abandonnent l’embouteillage par bouchon en faveur de capsules vissées ou capsule couronne (aka capsule à bière) pour les cidres et certains vins pétillants (notamment la deuxième fermentation des champagnes). 

Pour le moment, la capsule à vis rencontre de la résistance au niveau de l’opinion publique, ce qui empêche d’utiliser ce type de bouchon pour les grands vins. 


Malgré tout, elle reste une bonne option. La bouteille est étanche, peut se refermer facilement et hermétiquement, permet de stocker les bouteilles à la verticale, permet d’ouvrir la bouteille sans outils et ne provoque pas de débris dans le vin.

Elle est associée aux vins cheap, à tort, puisqu’elle peut préserver les plus grands vins pendant des décennies. 

Il faut simplement faire preuve d’un peu d’ouverture d’esprit.

La Nouvelle-Zélande est un bon exemple; 90% des vins sont fermés par une capsule à vis.

Le liège technologique

Le Commissariat à l’énergie atomique a inventé une méthode afin de retirer le TCA du liège et donc le risque de goût de bouchon.

Il s’agit de chauffer le liège sous pression avec du gaz carbonique à l’état supercritique, afin de séparer la lignine (partie boisée) de la subérine (partie noble) et purifier le liège. On retire ainsi toutes les molécules potentiellement contaminées. C’est comme faire du café décaféiné.

Il y a d’autres types de simili-bouchon qui existent, certains en résine qui imitent l’apparence du liège, d’autres en matière synthétique colorée… perso je trouve que là, pour le coup, ça enlève tout le décorum au vin.

Bouchon de verre

Mon bouchon préféré, le plus cool, c’est tout simplement le bouchon de verre, avec une gaine étanche en plastique pour le maintenir au goulot.

Cette méthode est neutre, permet de refermer la bouteille, est recyclable, sans dégâts, étanche et esthétique. Je trouve que ça apporte une idée de continuité avec le verre de la bouteille. J’en ai surtout vu sur des bouteilles autrichiennes.

À quand le bouchon de verre sur le vin canadien ? Qu'est-ce que vous en pensez?

 

 

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Stéphanie Estelle